La vallée de la mort… La traversée du désert dans une tempête de sable… et Las Vegas, la démentielle… 5 juin 2007 Le vent siffle à mes oreilles pendant que je tape sur ce clavier rendu rugueux par le sable qui s’infiltre partout dans le Kokomali à chaque fois qu’on ouvre la porte. Je me suis même demandé si nous étions dans une région propice aux ouragans. Le toit n’est pas ouvert, la sueur me coule dans le cou (chaleur de ménopause ?) le West tangue doucement et Marie essaie de dormir un oreiller sur les yeux. Journée chargée d’émotions diverses. Partis de Bishop pour Death Valley, nous avons parcouru une route vallonneuse à l’excès. Nous avons traversé la vallée de la mort sous une chaleur intense. Lorsque nous sortions des véhicules, le souffle du vent semblait venir de l’enfer tant il était brûlant. Nous avons pris des renseignements pour camper sur les lieux mais cela s’est avéré impossible compte tenu de la chaleur et du vent qui, en s’engouffrant partout, charriait du sable dans nos moindres interstices. Les rangers semblaient nous dire que nous serions seuls à camper à cette période de l’année; les campings ne possèdent pas de douches mais des toilettes dont on peut tirer la chasse d’eau et les coûts sont réduits en cette période de l’année. Comme le camping en enfer n’est pas dans notre palette, nous avons décidé de pousser plus loin nos pérégrinations et nous nous sommes retrouvés à Pahrump, un genre de banlieue de Las Vegas ou nous avons obtenu un site de camping sur un terrain asphalté. Bonne bouffe, longue douche chaude qui arrive à nous enlever la couche de sable fin qui nous recouvre la peau, un peu d’écriture pour mieux emmagasiner toutes ces merveilleuses images du désert et ces expériences hors du commun, ces descentes vertigineuses et ses remontées ardues sur des routes à flanc de montagne, nous en avons le souffle coupé et nos West aussi, il va sans dire. Comme il n’y a presque pas de circulation sur ces routes, je dois dire que nous étions contents d’avoir deux véhicules au cas ou. (Je n’ai pas encore trouvé l’accent grave qu’on place sur le « u » sur ce clavier…). Les photos donnent une vague idée de l’austérité de ce paysage brûlé par le soleil mais combien fascinant . Il ne faut pas oublier qu’on a enregistré en 1913 la température la plus chaude en Amérique du Nord, 57C et ce, à Furnace Creek, l’endroit ou se trouvait le camping disponible… 6 juin 2007, Départ vers la cité de la folie inhumaine, vers la capitale du kitsch, vers la métropole de la superficialité, départ vers Las Vegas. Nous sommes heureux, nous avons passé une bonne nuit, pris deux bonnes douches (nous avions du retard), il fait encore soleil, le beau temps nous poursuit. Arrivés dans la ville du lucre et de la luxure à peine voilée, nous campons au KOA du « strip » tout près de « Circus, Circus ». Chanceux comme d’habitude, nous avons 2 sites côte à côte sous un des seuls arbres de cet immense stationnement, en face de la piscine (spa et sauna compris), près des toilettes et des douches. Nous partons faire un tour à pied sur le « strip » et sommes confrontés à la démesure de cette mégalopole du vice et de la prétention. Nous marchons, Marie et moi (Cécile et Pierre vont leur visite de la place à leur rythme) et nous découvrons le décor de cette capitale du jeu, car c’est un décor puisqu’il n’y a rien de vrai dans toute cette hypocrisie. Derrière cet étalage d’opulence se cache toute la misère d’un monde qui cherche dans l’argent un sens à sa vie. Tout est fonction du jeu. L’appât du gain est, avec la possibilité d’acheter les faveurs sexuelles de quelque jeune fille, la raison d’être d’un tel déploiement. Car l’argent achète tout, même le bonheur. Nous revenons chez nous dans notre Kokomali, revoyons nos amis qui prennent tranquillement un verre. Après le souper, je les laisserai tous les trois arpenté le « strip » habillé de ses plus beaux éclairages et je resterai tranquille au chaud dans notre véhicule. Je dormais quand Marie est entrée à la maison.
7 juin 2007 Aujourd’hui : repos et planification de notre séjour au Grand Canyon. Baignade, téléphone à quelques amis, écriture de blogue, transfert de photos. Ce soir, nous soupons dans la grande ville, nous plongeons dans son décor de théâtre, j’essaierai de me laisser impressionner par ses lumières aguichantes et de lui trouver si possible une raison d’être.
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